Tout perd son sens, pour finalement prendre encore plus de sens. L'étrange impression de quitter toutes ces certitudes dans lesquelles j'ai baigné pendant trois courtes années se fait vraiment de plus en plus grande. Mercredi la folie des concours commence, et bizarrement, c'est avec une étrange sérénité que j'aborde ces quelques heures, ou ces quelques jours décisifs pour mon avenir. Je pense pourtant qu'il ne s'agit pas de ce sentiment éminemment orgueilleux qui tend à dire qu'on a fait tout ce qu'on pouvait faire. Parce qu'au fond, on peut toujours faire plus... J'ai fait ce que j'ai jugé être nécessaire de faire. Cinq devoirs au CNED, tous les samedis après midi jusqu'à la fin du mois d'avril enfermé dans une salle de classe, une "semaine" de révision à Join Lambert ( qui prend fin ce jeudi après midi, voilà l'explication des guillemets... :p ), et un travail personnel honnête, même s'il a clairement été irrégulier, globalement concentré sur cette fin d'année.
Et c'est à croire que les changements n'arrivent jamais seuls, parce que je m'envole vers une romance plutôt extraordinaire. Elle me donne le sourire tous les jours... Et c'est vital. Il y a longtemps, j'avais écrit quelque part qu'on doit enlacer la vie, l'embrasser. Aujourd'hui c'est elle que je veux enlacer, je me moque bien de ce qui m'arrivera après, de ce qui nous arrivera après. Je n'irai pas jusqu'à dire que vis l'instant présent, je pense trop à l'avenir pour prétendre une telle chose. Je pense trop au passé aussi.
Et quel passé... Gravenchon me semble si loin. Si peu sont restés... Ceux qui sont restés en tout cas sont là, et toujours là, et la soirée qui s'annonce dimanche soir en témoigne magistralement. Mais ces trois années à Rouen ont tout simplement été le théâtre de l'épanouissement d'un nouveau Selim. J'ai enfin la certitude de m'être trouvé. Je sais au moins ce que je ne veux pas être, je sais au moins vers quoi suis-je en train de tendre. Et c'est le plus grand bonheur de ma vie. Vraiment.
La plus belle chose, c'est que je n'y suis pas parvenu tout seul. C'est grâce à eux, à tous ceux qui tous les jours m'ont porté vers ce que j'ai toujours rêvé d'être. Ils m'ont en fait permis d'être, tout simplement. Bien sûr, il y a eu quelques amitiés perdues, quelques déceptions particulièrement blessantes... Mais je sais qu'au fond de moi même je ne me souviendrai que de ceux qui m'ont amené là où je suis aujourd'hui. Bien sûr, je pense à Chloé, à Victor, à Zipette, à Jon, à Auriane, à tous les loulous de la TL, mais aussi à tous cet entourage parfois passif qui m'a apporté autant de fous rires que de sourires bienveillants. Je ne pourrai pas en faire une liste exhaustive, et ça n'aurait de toute manière aucun intérêt. Mais comment ne pas se souvenir des bandes dessinés de Clémentine, des discussions avec Tiphaine et Julie...
Et enfin, il y a les bons souvenirs. Ceux qui resteront toujours au fond de moi, de manière consciente ou inconsciente, bien peu m'importe... Il y a eu cette ébauche- plutôt réussie avec le recul- de couple, cette ébauche plutôt réussi aussi de Red And Redemption... Tout ça, c' est terminé, mais je n'oublierai pas.
C'est promis, je n'oublierai pas.
Pix : Florida...